500 personnes à la rue - incendie du squat av de Muret

samedi 8 février 2020 dans Ici et là


Mardi 4 février un incendie dans un squat rue de Muret a mis 500 personnes à la rue.
Les habitants avaient trouvé refuge dans ce bâtiment depuis le 29 mai 2019 suite aux expulsions d’autres immeubles.
Les personnes ont du fuir transportés dans des bus ou a pied vers plusieurs gymnases dont
- TUC aviron-gymnase de la Cépière
- Gymnase de Bagatelle
- Gymnase de Empalot.
Puis un transfert a été organisé vers le parc des expositions.
Mardi soir apres l’extinction du feu, une cinquantaine de policiers ont repoussé les habitants avec des grenades lacrymogènes alors qu’ils voulaient récupérer leur affaires et notamment leurs papiers. Jeudi et vendredi ils ont pu accéder au lieu pendant quelques heures. Le site est désormais inaccessible.

Pour aider :
collectifs de soutien au 30 rue Brouardel (venez avec des denrées, nourriture : riz, pâtes, sauces, bouteilles de gaz...)
N’hésitez pas à venir apporter votre soutien sur place.
Recherche aussi de solutions d’hébergement temporaires et lieux de stockage sécurisés.
Besoin d assistantes sociales dans les gymnases pour aider à regler les problemes administratifs suite à la perte des papiers et autres... les personnes ont besoin que les autorités fournissent en urgence des attestations de sinistres pour justification auprès des institutions/université/ecoles (des étudiants en ont besoin vite pour l université, les demandeurs d asile pour leurs rendez vous prefecture, etc... )

Collectif Russell,
CEDIS,
REPIT-Réseau Entraide Populaire International Toulousain,...

Communiqué du Collectif Russell

Halte au racisme d’Etat, des vies humaines sont en danger : c’est criminel, Réagissons !

Mardi 4 février vers 14h, un incendie a frappé le squat du 44 avenue de Muret, où trouvaient refuge plus de 500 personnes depuis mai 2019. Des hommes, des femmes et des enfants, de plus de 22 nationalités, laissés sans solution d’hébergement alors que la majorité, en demande d’asile, devraient être mis à l’abri sous responsabilité de la préfecture. Des droits ignorés, obligeant les personnes, les familles, à squatter des bâtiments vides pendant des mois voire des années. Nous tous en collectif, habitant.es et soutiens extérieurs, exhortons sans cesse les services de la préfecture de nous donner des réponses, de trouver des solutions. Nous nous sommes pliés aux différents recensements que la préfecture a ordonnés. Malgré cela, silence radio à la préfecture. Un silence criminel.
Si l’Etat est bien responsable du logement de ces personnes, l’Etat n’est-il pas aujourd’hui responsable de cette catastrophe et de leur sort ?

Nous exhortons également sans cesse les services de la mairie à prendre l’initiative d’une main tendue envers toutes ces personnes. Avec 4000 locaux vacants à Toulouse, pourquoi n’exercent-ils jamais leur droit de réquisition ?
Comment accepter de laisser 500 personnes dans la détresse dans un bâtiment inadapté sans la moindre aide des institutions ne serait-ce que pour l’hygiène ou même l’enlèvement des déchets ? Comment détourner autant le regard ?

Il aura fallu que le bâtiment brûle pour regarder à nouveau ces quelques 500 visages, affolés dans la rue, observant leur toit et leurs maigres effets personnels partir en fumée, pour leur accorder un temps éphémère dans les médias ; mais aussi pour les reloger en urgence dans des gymnases le soir, nous laissant entrevoir le potentiel d’actions d’hébergement en leur pouvoir si la volonté politique était là en dehors des évènements dramatiques comme celui-ci. On ne peut s’empêcher de repenser au nombre de places en gymnase ouvertes pour les sans-abris dans le plan hiver : 72…

Et même dans cette détresse ultime, la violence de l’Etat se fait encore observer, quand des forces de police n’hésitent pas à gazer les personnes, enfants en première ligne, pour dissuader tout un chacun d’essayer d’outrepasser leur ruban pour tenter d’aller récupérer ses affaires. Sans rien dans la rue et dans le froid, la première préoccupation des habitant.es était de pouvoir rentrer récupérer leurs documents administratifs, seuls gages de tranquillité pour un immigré en France...Ou encore quand ces mêmes forces de police se permettent de contrôler les papiers et d’interpeller des personnes, un jour comme celui-là.

Après trois nuits passées dans des gymnases non chauffés, les personnes seront déplacées en bus aujourd’hui vendredi 7 février, vers le Parc des Expositions, pour une durée indéfinie. Là bas, la préfecture et l’OFII pourront tranquillement mettre en place un recensement des situations administratives des personnes, réservant le sort qu’on connait aux sans papiers et déboutés du droit d’asile.
On est donc loin d’un accueil inconditionnel comme nos institutions aiment à le dire.
D’abord on ne respecte pas le droit fondamental des gens à être mis à l’abri, ensuite on ne respecte pas leur dignité en les laissant squatter des bâtiments inadaptés et dangereux sans aucune aide, et ensuite on profite d’une catastrophe qui aurait pu faire morts et blessés pour les parquer, les recenser, on le sait, accélérer l’arrestation de ceux et celles jugés indésirables par nos autorités.

Où est l’humanité là dedans ? Jusqu’où le drame doit-il aller pour pouvoir espérer de vraies propositions dignes ? Quand les solutions sont pourtant à porter de leurs longs bras…

Encore une fois la seule solution réellement humaine est venue des citoyen.nes toulousain.es solidaires qui depuis le drame hébergent des sinistrés dans leurs maisons. Nous les encourageons à continuer, pour mettre à l’abri les plus fragiles.

Inquiet.es des contrôles auxquels nos frères et sœurs du squat de l’avenue de Muret vont être soumis dans la discrétion d’un parc des expositions, nous invitons toutes les personnes solidaires à venir en soutien sur place, aujourd’hui à l’ouverture mais aussi à tout moment dans les jours à venir.

Ne les laissons pas seul.e.s ! Investissons le hall 7 !!!

Halte au racisme d’Etat, des vies sont en danger. C’est criminel, Réagissons !!!!!

Le collectif Russell

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